{"id":584,"date":"2014-03-29T12:00:39","date_gmt":"2014-03-29T11:00:39","guid":{"rendered":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/?p=584"},"modified":"2014-06-08T15:17:37","modified_gmt":"2014-06-08T14:17:37","slug":"ecotrail-80-de-paris-2014","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/?p=584","title":{"rendered":"EcoTrail 80 de Paris 2014"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/lhsblg00.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-591\" alt=\"lhsblg00\" src=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/lhsblg00.png\" width=\"110\" height=\"328\" \/><\/a>Une course, c&#8217;est \u00e9galement l\u2019entra\u00eenement et la pr\u00e9paration. Un tout, une globalit\u00e9. L&#8217;EcoTrail est ma premi\u00e8re comp\u00e9tition de l&#8217;ann\u00e9e pas une fin en soi mais plut\u00f4t une pr\u00e9paration, un lieu de r\u00e9glages pour le point culminant de l&#8217;ann\u00e9e avec l&#8217;Ultra Marine de 177km. Cela reste tout de m\u00eame un joli parcours roulant de 80km et env. 1400M de D+. La pr\u00e9paration s&#8217;est bien pass\u00e9e, apr\u00e8s un mois de f\u00e9vrier catastrophique (2 gros rhumes et une gastro), le mois de mars a \u00e9t\u00e9 bon. Presque trop avec quelques manques de rigueur sur certaines sorties longues et m\u00eame si cela reste des promenades, il faut rester rigoureux au niveau de l&#8217;alimentation pendant les sorties.<br \/>\nRetour \u00e0 l&#8217;EcoTrail.<\/p>\n<h2>J-2<\/h2>\n<p>2 jours sans boulot (ou presque) donc la possibilit\u00e9 de se reposer, de glisser en pente douce vers\u00a0 la promenade. Le temps annonc\u00e9 est radieux, sec et chaud !<\/p>\n<h2>J-1<\/h2>\n<p>Un peu de stress, toujours la crainte de ne pas finir, je sais que je suis physiquement pr\u00eat mais avec cette certitude arrive l&#8217;envie d&#8217;aller mieux, un peu plus vite. Ne plus \u00eatre dans l&#8217;\u00e9tat d&#8217;esprit que finir est le seul objectif. Pas cette fois-ci, pas cette ann\u00e9e. Je me sens bien.<br \/>\nJe regarde mes temps de passage 2013, et j\u2019\u00e9tablis mon tableau de marche :<\/p>\n<ul>\n<li>Buc (km 23) : 2h23 ;<\/li>\n<li>Observatoire de Meudon (km 46) : 5h00 ;<\/li>\n<li>Chaville (km 56) : 6h10 ;<\/li>\n<li>Parc de Saint-Cloud (km 67) : 7h40 ;<\/li>\n<li>Arriv\u00e9e : 8h53 soit 50&#8242; de moins que l&#8217;an pass\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Au niveau mat\u00e9riel, cela sera short\/T-shirt avec coupe-vent l\u00e9ger dans le sac si l&#8217;arriv\u00e9e est fra\u00eeche. Au pied les Salomon Slab XT6 (qui n&#8217;ont pas go\u00fbt\u00e9es \u00e0 la terre, uniquement de la neige!) et enfin la vrai nouveaut\u00e9, mon coup de c\u0153ur de la veille du d\u00e9part le tout dernier sac Salomon Slab : super ergonomie, la capacit\u00e9 \u00e0 embarquer devant des flaques de 500ml et un poids \u00e0 vide de 320g. Au total avec l&#8217;ensemble du mat\u00e9riel obligatoire (frontal, t\u00e9l. gobelet, nourriture, etc.) un sac \u00e0 4kg avec 1.5 litres d&#8217;eau. Pas mal.<\/p>\n<h2>Jour J<\/h2>\n<p>R\u00e9veil \u00e0 6h30, petit d\u00e9jeuner classique. M\u00e9tro \u00e0 8h13, RER \u00e0 9h13.<br \/>\nImaginez une heure d\u2019affluence dans le RER mais uniquement avec des voyageurs bigarr\u00e9s, uniquement des trailers, quasiment aucun \u00ab civil \u00bb. C&#8217;est impressionnant cette inversion des r\u00f4les, dans le m\u00e9tro le sportif en tenue est un d\u00e9cal\u00e9, un anormal tois\u00e9 par des s\u00e9dentaires qui se laissent si souvent porter par les escaliers m\u00e9caniques. Dans les trains du samedi matin pour l&#8217;EcoTrail, ils sont dans le r\u00f4le du d\u00e9cal\u00e9, de l\u2019intrus, presque g\u00ean\u00e9s au milieu de ces rires, de ces histoires de courses, ces aventures racont\u00e9es encore et encore. Courir rendrait-il de bonne humeur ?<br \/>\nPour ma part, je reste dans mon monde, musique (Submerged\/Ghost dope) et calme.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e sur la base de Saint-Quentin-en-Yvelines vers 10:00. Moins de 2 heures pour finir de pr\u00e9parer et profiter du moment. Les groupes se forment. La m\u00e9t\u00e9o est bonne m\u00eame si quelques nuages et le vent me posent questions. Dans tous les cas, ne rien changer au plan. D\u00e9couverte des toilettes s\u00e8ches (Eco oblige&#8230;).<\/p>\n<p>Mon voisin de droite semble inquiet et avoir de jolis probl\u00e8mes aux pieds, je n&#8217;avais jamais vu (les autres non plus !) un coureur d\u00e9verser quasiment un demi tube de vaseline dans chaque chaussure avant oser les enfiler. Je n&#8217;imagine m\u00eame pas faire 100m avec une telle soupe et je fr\u00e9mi \u00e0 l&#8217;id\u00e9e du r\u00e9sultat d&#8217;un tel \u00ab m\u00e9lange \u00bb apr\u00e8s 10km. Cela m\u2019appara\u00eet suicidaire&#8230; J\u2019imagine qu&#8217;il sait ce qu&#8217;il fait.<\/p>\n<h2>Aller, il est temps d&#8217;y aller.<\/h2>\n<p>Les consignes de s\u00e9curit\u00e9, quelques encouragement et le d\u00e9part est donn\u00e9.<\/p>\n<p>Rester concentr\u00e9 sur le rythme de la prise de boisson, ne pas partir trop vite ! Il fait bon, le terrain est sec, c&#8217;est super roulant. Je d\u00e9cide de partir dans le 1er tiers (env. Dans les 300 premiers), cela correspond normalement\u00a0 \u00e0 mon niveau. Et l\u00e0 le ph\u00e9nom\u00e8ne annonc\u00e9 \u00e0 lieu. Je me laisse aller \u00e0 courir entre 5&#8217;25 et 5&#8217;40 au km (env. 10.8 km\/h) et j&#8217;ai l&#8217;impression de me faire courir dessus par la cavalerie. Impressionnant, cela d\u00e9file&#8230; Je m&#8217;oblige \u00e0 mettre le frein \u00e0 main, ne pas se laisser aller dans cette folie, l&#8217;objectif des premiers km ne doit pas \u00eatre plus rapide que 5&#8217;45. Respecter mon tableau de marche est fondamental&#8230;<\/p>\n<p>Pendant ce temps, j&#8217;observe tous ces press\u00e9s&#8230; Certains semblent avoir le profil mais d&#8217;autres \u2013 la grande majorit\u00e9 \u2013 semblent prendre un risque irr\u00e9cup\u00e9rable. Le chemin jusqu&#8217;\u00e0 Buc est tranquille, il y a toujours ce passage sur le pont suspendu qui r\u00e9sonne et ondule. Tr\u00e8s impressionnant et d\u00e9stabilisant. Tout va bien m\u00eame si se faire autant doubler est vraiment d\u00e9moralisant.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e \u00e0 Buc en 2h16 en 671\u00e8me position.<\/p>\n<p>J&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;il me reste trop d&#8217;eau. Et l\u00e0 surprise, catastrophe ! Je n&#8217;ai m\u00eame pas consomm\u00e9 un demi-litre. Soit moins de 200ml\/heure alors que par ce temps je devrais \u00eatre \u00e0 plus de 500 ml par heure !! Pas glop et pire m\u00eame. Je compl\u00e8te et je me sermonne. Il est fondamental de revenir \u00e0 une approche plus rigoureuse. Avec le recul, j&#8217;ai bu \u00e0 peu pr\u00e8s correctement sur la premi\u00e8re heure et quasiment rien sur la seconde. Pitoyable et risqu\u00e9 !<\/p>\n<h2>Les choses s\u00e9rieuses peuvent commencer.<\/h2>\n<p>L&#8217;EcoTrail d\u00e9marre vraiment l\u00e0 et commence \u00e0 finir au km 55&#8230;<br \/>\nLa course continue en laissant \u00e0 Buc ceux qui commencent \u00e0 r\u00e9aliser que le d\u00e9part a vraiment \u00e9t\u00e9 trop rapide. Les 6 minutes gagn\u00e9es sur mes pr\u00e9visions me laissent imaginer le mieux et me font oublier mon d\u00e9ficit hydrique. Dans le m\u00eame temps, un peu de doute, je crois que le km 30 est mon mauvais km&#8230; c&#8217;est \u00e0 ce moment que je pense que finalement cela va \u00eatre long&#8230;<\/p>\n<p>Je cours bien et je reprends pas mal des partis trop vite. Tout va bien. Finalement 8h30 pourrait \u00eatre jouable. Rester concentrer et boire ! Il fait chaud et il va falloir g\u00e9rer&#8230;<\/p>\n<p>Ma fr\u00e9quence cardiaque reste trop \u00e9lev\u00e9e, depuis le d\u00e9part je tourne au-dessus de 150 et l\u00e0 avec les premiers amusements je passe au-dessus de 160. J&#8217;en ai pris mon parti, et je g\u00e8re avec mes rep\u00e8res habituels +10, cela ne semble pas \u00eatre un souci.\u00a0 Les montagnes russes sont bien l\u00e0 avec de jolis encha\u00eenements de mont\u00e9es \/ descentes \u00e0 plus de 10 % sur des distances entre 500m et 1 km. Rien de violent mais la r\u00e9p\u00e9tition joue. Pour le moment, cela passe et pas de probl\u00e8me pour relancer.\u00a0 Je retrouve des chemins m\u00e9moris\u00e9s l&#8217;an pass\u00e9. J&#8217;en attends certains qui n&#8217;arrivent pas et en retrouve d&#8217;autres que je croyais beaucoup plus loin. Dans tous les cas, c&#8217;est sec l\u00e0 o\u00f9 l&#8217;an dernier il fallait passer incertain en pas de patineur dans une chor\u00e9graphie boueuse. L&#8217;ultra danse&#8230;<\/p>\n<p>\u00c0 partir du km 40, apparaissent les premiers coureurs arr\u00eat\u00e9s sur le c\u00f4t\u00e9 en train de vomir, la chaleur et le d\u00e9part rapide ont fait leur premi\u00e8res victimes, leur course va \u00eatre longue&#8230;<\/p>\n<p>Je vois pass\u00e9 un norv\u00e9gien avec un superbe tatouage en haut du mollet droit \u00ab NorseMan \u00bb en r\u00e9f\u00e9rence au NorseMan triathlon en Norv\u00e8ge (un ironman en autonomie avec de sacr\u00e9s d\u00e9nivel\u00e9s), cela m&#8217;am\u00e8ne le gimmick de la course : \u201cWe are NorseMan, we are all made of iron\u201d. \u00c0 r\u00e9p\u00e9ter en boucle avec le sourire !!<\/p>\n<h2>Pas le temps de r\u00eaver&#8230;<\/h2>\n<p>L&#8217;observatoire de Meudon est l\u00e0. Les marches pour monter au ravitaillement font mal, nous sommes trois et nous montons tranquilles. Passage en 4h53, 347\u00e8me (!). Toujours en avance. G\u00e9nial mais pas de pr\u00e9cipitation, cela commence \u00e0 tirer et je reste sur mon rythme m\u00eame si je commence \u00e0 esp\u00e9rer une arriv\u00e9e un peu plus t\u00f4t (8h30?) !<\/p>\n<p>Je fais le plein d&#8217;eau de partout. Je rempli la poche, bois et rempli la flasque de devant (oh la bonne id\u00e9e&#8230;). Mais comme tous les ans, l\u2019accueil est tr\u00e8s chaleureux et l&#8217;eau est sacr\u00e9ment froide&#8230; je repars avec l&#8217;estomac qui se tord dans tous les sens. Il faut y aller. Aller !!<\/p>\n<p>Au milieu d&#8217;une grosse descente avec une route foresti\u00e8re en plein milieu, le SAMU avec un coureur \u00e0 terre avec une couverture de survie et la t\u00eate en sang. Il est conscient mais la descente lui a \u00e9t\u00e9 fatale.<\/p>\n<p>C&#8217;est parti pour un tour de montagne russe dans Meudon, mont\u00e9e, descente, mont\u00e9e, descente&#8230; Et hop environs au km 50, dans une descente, la premi\u00e8re crampe au grand adducteur gauche. Et voil\u00e0,\u00a0 en ultra les erreurs se paient toujours cash, ce qui n&#8217;est pas bu ou mang\u00e9 dans les premi\u00e8res heures est irrattrapable, il suffit d&#8217;\u00eatre patient, la note va tomber. Plus ou moins lourde. Et l\u00e0, c&#8217;est du lourd.<\/p>\n<p>J&#8217;ai l&#8217;impression que nous sommes tous log\u00e9s \u00e0 la m\u00eame enseigne, les relances sont plus tardives, plus difficiles, nous jouons tous au yo-yo. Nous sommes dans le dur.<\/p>\n<h2>Cache-cache<\/h2>\n<p>Et l\u00e0, c&#8217;est parti pour 25 gros km de crampes, cette impression puissante que tout va s&#8217;arracher, que le muscle se d\u00e9truit de l&#8217;int\u00e9rieur. L\u00e0 il faut g\u00e9rer, ne pas d\u00e9passer le raisonnable tant que rien n&#8217;est ab\u00eem\u00e9, il est possible de continuer. Donc le jeu de cache-cache peut commencer La r\u00e8gle est simple :<\/p>\n<ol>\n<li>Appr\u00e9hender la crampe avant que la contraction ne soit \u00ab d\u00e9finitive \u00bb ;<\/li>\n<li>L&#8217;arroser d&#8217;eau froide (d&#8217;o\u00f9 la bonne id\u00e9e de remplir la flasque de devant&#8230;) ;<\/li>\n<li>Marcher quelques minutes pour accepter, inutile de se massacrer ;<\/li>\n<li>Expliquer au cerveau qu&#8217;une crampe n&#8217;est pas un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9finitif ;<\/li>\n<li>Accepter d&#8217;allonger le pas alors que le muscle se refroidit et donne l&#8217;impression de se durcir. L&#8217;id\u00e9e est de l&#8217;\u00e9tirer afin de le d\u00e9tendre et arr\u00eater la crise ;<\/li>\n<li>Expliquer au cerveau qui commande et qu&#8217;il ne faut pas attendre et repartir. Repartir !!!<\/li>\n<\/ol>\n<p>Et hop, \u00e0 la suivante. Les s\u00e9quences de cache-cache peuvent commencer. D&#8217;abord le grand adducteur gauche, puis le droit, ensuite le vasque interne gauche puis le droit et enfin le droit ant\u00e9rieur, puis on recommence dans le m\u00eame ordre avec un petit r\u00e9pit avec l&#8217;ischio-jambier. Il faut vraiment aimer le cache-cache.<\/p>\n<p>Seconde technique du cache-cache, monter comme on peut et descendre sur les talons les genoux serr\u00e9s afin d&#8217;\u00e9viter tous les \u00e9tirements inutiles, laisser les muscles group\u00e9s mais prendre le risque de se massacrer les ongles de pieds (et oui tout \u00e0 un prix).<\/p>\n<p>Pendant ce temps les kilom\u00e8tres avancent encore bien et j&#8217;arrive \u00e0 Chaville (km 56) en 6h16 (325\u00e8me). \u00c7a y est, le retard s&#8217;installe, 6 minutes de retard sur le plan de marche. Aller, il faut tenir, encore 23 km. D&#8217;abord prendre de l&#8217;eau, boire et remplir la flasque de devant, arme fatale de gestion\u00a0 des crampes. Ensuite boire du Cola, il faut du sucre&#8230;<\/p>\n<p>C&#8217;est l\u00e0 que je retrouve une f\u00e9minine \u00e0 la lutte avec d&#8217;autres filles mais en voulant r\u00e9sister au retour des \u00ab copines \u00bb, elle s&#8217;est cram\u00e9e. Je la trouve assise dans l&#8217;herbe en pleine r\u00e9cup\u00e9ration, tout \u00e0 un prix. Courage ! Je n&#8217;ai pas vu son dossard, j&#8217;esp\u00e8re qu&#8217;elle est vite repartie.<\/p>\n<h2>Repartir, vite<\/h2>\n<p>Je veux \u00e0 tout prix arriver au dernier ravitaillement avant la nuit, faire tout cette partie du parcours en vision diurne alors que toute cette partie a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 la frontale l&#8217;an dernier. Restera les derniers 11\/12 km \u00e0 la frontale. Et puis si les 8h30 semblent devenir d\u00e9raisonnables, 09h00 reste r\u00e9alisable. Vanos !!<\/p>\n<p>Mon plan de route doit m&#8217;amener au dernier ravitaillement \u00e0 7h40 pour tenir dans mes d\u00e9lais.<\/p>\n<p>Les kilom\u00e8tres commencent \u00e0 ralentir, un premier coup d\u2019\u0153il au GPS me montre un peu moins de 60 km l\u00e0 o\u00f9 j&#8217;aurais pari\u00e9 \u00eatre \u00e0 62. Pas glop. Tenir. La douleur est l\u00e0 et il faut faire avec.<\/p>\n<p>Encore un coup poignard dans le grand adducteur gauche, le muscle semble se durcir de plus en plus vite avec une r\u00e9elle marque. Un vrai boiteux sur les chemins.<br \/>\nArrive un coureur en T-shirt blanc en d\u00e9sordre qui se retourne vers moi avec une moue d&#8217;interrogation et un bout de sourire r\u00e9confortant : \u00ab \u00e7a va ? \u00bb, je r\u00e9ponds d&#8217;un oui de la t\u00eate (car la t\u00eate, elle va bien) et je repars, un peu requinqu\u00e9, expliquant encore une fois \u00e0 mon cerveau la diff\u00e9rence entre alerte et catastrophe. J&#8217;insiste, il ne s&#8217;agit que d&#8217;alertes&#8230;<\/p>\n<p>Les kilom\u00e8tres avancent un peu mieux. La fin du parc de Saint-Cloud et le ravitaillement sont l\u00e0&#8230;<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e en 7h46. Pas trop mal. Toujours 6 minutes de retard sur le plan de marche global mais exactement le temps de parcours pr\u00e9vu pour cette portion (qui reste proportionnellement la plus lente du parcours). Passage en 311\u00e8me position et donc malgr\u00e9 mon \u00e9tat qui lui aussi avance, je continue \u00e0 remonter dans le classement&#8230; et je suis bien arriv\u00e9 avant d&#8217;avoir \u00e0 mettre la frontale m\u00eame si le dernier km s&#8217;est fait en omettant quelques d\u00e9tails dans le paysage. On y voit plus grand chose&#8230;<\/p>\n<h2>\u00c0 la frontale<\/h2>\n<p><a href=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/lhsblg01.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-588\" alt=\"lhsblg01\" src=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/lhsblg01.png\" width=\"110\" height=\"438\" srcset=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/lhsblg01.png 110w, http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/lhsblg01-75x300.png 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 110px) 100vw, 110px\" \/><\/a>Les lunettes dans le sac et la frontale sur la casquette, me voici \u00e9quip\u00e9 en trailer nocturne. La priorit\u00e9, boire et faire le plein de la flasque de devant, mes muscles vont \u00eatre arros\u00e9s par dedans et par dehors&#8230; Repartir tranquille.<br \/>\nEn route. En route vers les lumi\u00e8res de la ville, en route vers les lumi\u00e8res de la grande dame. Les chemins et la route me sont familiers et j&#8217;ai toujours la m\u00eame impression en sortant du parc de Saint-Cloud, Paris nous voil\u00e0 ! Mais non, il y a encore un petit tour avant de rentrer dans la capitale, longer les quais c\u00f4t\u00e9 circulation sur des trottoirs trop \u00e9troits, des escaliers, monter, descendre encore et encore. \u00c0 ce moment, les escaliers sont vraiment une jolie \u00e9preuve.<\/p>\n<p>Je n&#8217;arrive pas \u00e0 me rappeler quand il est apparu dans mon radar mais je me suis retrouv\u00e9 \u00e0 faire l\u2019\u00e9lastique ou le clignotant avec un autre coureur. Quand l&#8217;un met pied \u00e0 terre, l&#8217;autre repart et vice versa. L&#8217;un devant puis derri\u00e8re. Finalement, sans se conna\u00eetre cela cr\u00e9e des liens.<\/p>\n<p>Alors on avance, on se motive, on ramasse ceux pour qui les derniers km sont longs, trop longs. Certains nous passent comme des avions&#8230;<\/p>\n<h2>Les derniers kilom\u00e8tres<\/h2>\n<p>Les derniers km dans Paname avec les parisiennes charmantes qui nous sourient restent un vrai bonheur apr\u00e8s plus de 8h30 de promenade.<\/p>\n<p>Le port de Javel, l&#8217;all\u00e9e des cygnes et Bir-Hakeim qui pointe, la grande dame nous salue depuis quelques km d\u00e9j\u00e0. L&#8217;arriv\u00e9e est proche et la \u00ab colline \u00bb de Passy promise nous attend. Nous continuons \u00e0 jouer le yo-yo avec mon colocataire de bitume, le passage du pont de Grenelle est l&#8217;occasion d&#8217;un gros ramassage et de la derni\u00e8re photo. Mon colocataire d\u00e9marre et semble s&#8217;envoler,\u00a0 chouette, il finit bien. Arrivent les escaliers de la rue d&#8217;Alboni qui me permettent de revenir sur mon coloc que je croyais d\u00e9finitivement \u00e9chapp\u00e9, trop monstrueux ces escaliers et pourtant personne ne prend les escaliers m\u00e9caniques qui permettent l&#8217;acc\u00e8s la station de m\u00e9tro Passy. Pas d&#8217;assistance en dehors des ravitaillements et m\u00eame apr\u00e8s plus de 77km, la r\u00e8gle reste la m\u00eame : \u00ab we are NorseMan and we are all made of iron \u00bb.<\/p>\n<p>En haut des escaliers, \u00e0 droite, le boulevard Delessert. Mon compagnon de fortune est cuit et pourtant le revoici \u00e0 ma hauteur, nous courons comme 1 seul. Nous sommes \u00e0 11.5 km\/h, avant de remonter vers le haut du Trocad\u00e9ro, notre arriv\u00e9e, j&#8217;hurle aux b\u00e9n\u00e9voles de bloquer la circulation : nous ne nous arr\u00eaterons pas, hors de question ! Ils font le boulot, g\u00e9nial. Mon bin\u00f4me n&#8217;en peut plus, sa femme court \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, il est juste derri\u00e8re moi pour la mont\u00e9e sur le podium d&#8217;arriv\u00e9e. Je le cherche, nous devons franchir la ligne ensemble. Et voil\u00e0, une arriv\u00e9e group\u00e9e. 296\u00e8me en 09:02:09. Soit 41&#8242; de moins que l&#8217;an dernier et 260 places gagn\u00e9es !<\/p>\n<h2>\u00c9pilogue<\/h2>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, 10&#8242; de retard sur l&#8217;horaire pr\u00e9vu et surtout une grosse frustration, sans ma stupidit\u00e9 sur les 22 premiers km et surtout en le km 10 et 25, il y avait vraiment la place pour finir en 8h30 ! Il est clair que je connais d\u00e9j\u00e0 mon objectif pour l&#8217;an prochain.<br \/>\nUne\u00a0 bonne le\u00e7on pour l&#8217;ann\u00e9e prochaine et surtout pour l&#8217;ultramarine de 177km. L\u00e0 il va falloir \u00eatre s\u00e9rieux et rigoureux.<\/p>\n<p>En souvenir imm\u00e9diat : des crampes rien que des crampes (et une jolie ampoule&#8230;) !<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&#8217;arriv\u00e9e, la douche avec cette ann\u00e9e de l&#8217;eau chaude (le privil\u00e8ge du 1er tiers?) et une douche glac\u00e9e pour aider la r\u00e9cup\u00e9ration. Sortie du stade, et promenade \u00e0 la recherche d&#8217;une glace. Cela sera Vanille\/fraise avec 2 bouteilles de San Pellegrino&#8230;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/lhsblg02.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-592\" alt=\"lhsblg02\" src=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/lhsblg02.png\" width=\"500\" height=\"280\" srcset=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/lhsblg02.png 500w, http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/lhsblg02-300x168.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a>Dans tous les cas un grand merci aux organisateurs et aux b\u00e9n\u00e9voles qui rendent nos aventures possibles et presque confortables. Gentils serviables avec toujours un petit mot d&#8217;encouragement.<\/p>\n<p>Un autre grand merci \u00e0 tous les spectateurs et leurs encouragements r\u00e9p\u00e9t\u00e9s le long des chemins. Un vrai carburant.<\/p>\n<p>Pour finir, 2 jours apr\u00e8s, la frustration diminue pour voir les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s. Elle dispara\u00eet pour accepter, r\u00e9aliser que je semble passer \u2013 pour les distances &lt;= 100km &#8211; d&#8217;un \u00ab l&#8217;objectif est de finir \u00bb \u00e0 \u00ab quel temps cette fois \u00bb. Et \u00e7a c&#8217;est une chouette nouvelle&#8230;<\/p>\n<h2>La promenade en chiffres<\/h2>\n<ul>\n<li>Distance : entre 78 et 80 km selon les sources ;<\/li>\n<li>Vitesse moyenne : 8.88 km\/h (peut mieux faire, 10 est le premier objectif) ;<\/li>\n<li>FC moyenne : 151 ppm (bonne perf.) ;<\/li>\n<li>D+ : 1491m (selon les organisateurs, sans doute un peu moins) ;<\/li>\n<li>\u00c9nergie d\u00e9pens\u00e9e : 5772 Kcal ;<\/li>\n<li>Perte de poids due au d\u00e9ficit hydrique &gt; 3kg (un cauchemar !) ;<\/li>\n<li>Classement au scratch : 296 ;<\/li>\n<li>Classement V1H : 116 ;<\/li>\n<li>Nombre de partants : 1582 (plus de 1900 inscrits) ;<\/li>\n<li>Nombre de finishers : 1320.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>La m\u00e9t\u00e9o<\/h2>\n<p>Soleil, sans doute 21\/22\u00b0C.<\/p>\n<h2>Le mat\u00e9riel utilis\u00e9<\/h2>\n<ul>\n<li>Salomon pour les v\u00eatements (T-shirt manche courte, short \u00e0 compression, casquette, petit coupe-vent) ;<\/li>\n<li>Le dernier n\u00e9 des sacs Slab, 320g, 12 litres et une merveille ergonomique en course ;<\/li>\n<li>Salomon Slab XT6 pour les chaussures ;<\/li>\n<li>Petzl Nao pour la frontale ;<\/li>\n<li>C\u00e9b\u00e9, s\u2019track pour les lunettes.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>La playlist (plus de 6 h)<\/h2>\n<ul>\n<li>Bucketheadland \/ Backwards Chimney ;<\/li>\n<li>High Tone \/ Outback &#8211; CD 1 &amp; 2 ;<\/li>\n<li>Asian Dub Foundation \/ Live [ Keep Bangin&#8217; On The Walls ] ;<\/li>\n<li>Joanna Size \/ Rodina Remixes and various.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Le site de la course<\/h2>\n<p><a href=\"http:\/\/www.traildeparis.com\/page\/1\/Presentation.html\">http:\/\/www.traildeparis.com\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une course, c&#8217;est \u00e9galement l\u2019entra\u00eenement et la pr\u00e9paration. Un tout, une globalit\u00e9. L&#8217;EcoTrail est ma premi\u00e8re comp\u00e9tition de l&#8217;ann\u00e9e pas une fin en soi mais plut\u00f4t une pr\u00e9paration, un lieu de r\u00e9glages pour le point culminant de l&#8217;ann\u00e9e avec l&#8217;Ultra Marine de 177km. Cela reste tout de m\u00eame un joli parcours roulant de 80km et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-584","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/584","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=584"}],"version-history":[{"count":12,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/584\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":676,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/584\/revisions\/676"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=584"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=584"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=584"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}