{"id":301,"date":"2013-12-08T09:40:58","date_gmt":"2013-12-08T08:40:58","guid":{"rendered":"http:\/\/sarto5\/foulee\/?p=9"},"modified":"2014-01-03T00:13:59","modified_gmt":"2014-01-02T23:13:59","slug":"la-sintelyon","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/?p=301","title":{"rendered":"La Saint\u00e9Lyon"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"size-full\">La Saint\u00e9Lyon 2013<\/span>, c&#8217;est fait. En voici mon histoire&#8230;<br \/>\nC&#8217;est amusant, les sportifs doivent \u00eatre plus brillants dans la capitale des Gaules. Cette fin de semaine, c&#8217;est la f\u00eate des lumi\u00e8res \u00e0 Lyon et la fameuse \u00ab Saint\u00e9Lyon \u00bb. Fameuse car c&#8217;est aujourd&#8217;hui la plus ancienne course dite \u00ab nature \u00bb \u2013 60e \u00e9dition cette ann\u00e9e \u2013 qui r\u00e9unit 14000 participants sur l&#8217;ensemble des courses et env. 6800 sur la solo de 75 km entre Saint-\u00c9tienne et Lyon. La mienne.<br \/>\nSur le papier, c&#8217;est une descente (Saint-\u00c9tienne est plus \u00e9lev\u00e9e que Lyon) mais avec 1800m de D+ et 2100m de D-.<br \/>\nC&#8217;est amusant, la Saint\u00e9Lyon, c&#8217;est de nuit, et ce n&#8217;est pas aujourd&#8217;hui que je vais d\u00e9couvrir les Monts lyonnais. Le d\u00e9part est \u00e0 minuit de Saint-\u00c9tienne, \u00e0 l&#8217;origine cela permettait aux ouvriers travaillant le samedi d&#8217;y participer. Donc une nuit blanche. Mais vraiment blanche, avec au programme, de la neige, de la glace et de la boue. Seul le verglas m&#8217;inqui\u00e8te un peu.<br \/>\nQui dit d\u00e9part \u00e0 minuit, dit attente. Voyage en train jusqu&#8217;\u00e0 Lyon, retrait du dossier \u00e0 Gerland, puis de nouveau le train jusqu&#8217;\u00e0 Saint-\u00c9tienne puis attendre, attendre. Tuer le temps sans monter en pression, un exercice Zen.<br \/>\nArriv\u00e9e \u00e0 Lyon \u00e0 16:11, retrait du dossard avant 17:00, train de 17:24 pour Saint-\u00c9tienne, arriv\u00e9e \u00e0 la gare \u00e0 18:11 puis 10\/15 minutes de marche jusqu&#8217;au parc expo. Ouf.<br \/>\n18:30, me voici enfin dans le saint des saints, un vaste hangar \u00e0&#8230; coureurs. On s\u2019installe comme on peut, dans les gradins \u00e0 la lumi\u00e8re, sans lumi\u00e8re, sous les gradins, dans l&#8217;ar\u00e8ne sur un tapis de sol avec ou sans sac de couchage. Bref plus de 5 heures \u00e0 tuer \u00e0 essayer de se reposer ou de dormir et \u00e0 faire dispara\u00eetre cette satan\u00e9e sinusite. Pour moi, c&#8217;est quelques g\u00e2teaux au chocolat et un somme sur mon sac de voyage dans le gradin sans lumi\u00e8re mais \u00e0 bascule. Ah le confort&#8230; Une sono inutile, polluante, un brouhaha et donc le casque pour se mettre au calme.<br \/>\n21:30, boisson d&#8217;attente avec de la Maltodextrine. Il faut alimenter mes compagnons de route, mes muscles afin qu&#8217;ils ne crient pas famine d\u00e8s les premi\u00e8res mont\u00e9es.<br \/>\n22:00, habillage, je deviens un coureur. \u00c0 priori nous aurons entre -4\u00b0C et 0\u00b0C, pas trop froid donc. Cela sera 3 couches et un bon coupe-vent afin de ne pas prendre de risques aux ravitaillements.<br \/>\n23:00, quelques \u00e9changes avec mes voisins et je suis fin pr\u00eat. Je d\u00e9pose mon sac \u00e0 la consigne (le froid \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur me saisit et je tremble sur place). Je suis enfin uniquement un coureur (pour l&#8217;organisateur un dossard&#8230;).<br \/>\n23:45, je tente de chercher le sas correspondant \u00e0 mes ambitions : entre 9h et 11h. Je trouve une place bien loin de la ligne de d\u00e9part. On verra bien, pas d&#8217;impatience. Ma FC est bonne en consid\u00e9rant l\u2019excitation du d\u00e9part : 70p\/mn. Tout va bien, je suis dans ma bulle.<br \/>\n00:00, le d\u00e9part. On pi\u00e9tine puis la premi\u00e8re partie roulante permet de s&#8217;installer.<br \/>\nJ&#8217;ai finalement choisi des chaussures pur trail et mauvaises conditions, les SpeedCross3 de Salomon. Elles ne tapent pas trop \u2013 pour l&#8217;instant \u2013 sur le bitume.<br \/>\nKm 7, le \u00ab vrai \u00bb d\u00e9part et la premi\u00e8re mont\u00e9e tout va bien, mon rythme est bon, les sensations excellentes. Les premiers marcheurs apparaissent. Je continue tranquillement, cela va monter jusqu&#8217;au km 40, jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;amorce de descente sur Lyon.<br \/>\nAux environs du km 10, les premi\u00e8res neiges, les SpeedCrosss sont mordantes, elles accrochent comme des mort-la-faim et me permettent d&#8217;\u00eatre \u00e0 l&#8217;aise, d&#8217;attaquer d\u00e8s que la pente est moins forte, de bien g\u00e9rer les mont\u00e9es. La neige est rapidement abondante, il n&#8217;y aura pas de transition. Les premi\u00e8res plaques de verglas apparaissent aussi. Premi\u00e8res glissades et figures. Tiens, je viens de faire 2 bons m\u00e8tres sur un seul pied. Il faut rester concentr\u00e9, lire la r\u00e9flexion de la frontale sur le sol mais avant tout, les pas du coureur qui pr\u00e9c\u00e8de. J&#8217;ai l&#8217;impression de courir dans le m\u00e9tro aux heures de pointes. Par contre, le sol du m\u00e9tro reste praticable. L\u00e0, certains passages ressemblent et vont de plus en plus ressembler \u00e0 une piste de bobsleigh.<br \/>\nDans la neige, la glace. Rester concentr\u00e9.<br \/>\nJe me demande comment reconna\u00eetre une plaque de verglas dans ces conditions. La r\u00e9ponse est simple : tu la reconnais lorsque tu es dessus et il ne reste plus que le sens de l&#8217;\u00e9quilibre puis le sens de l&#8217;humour. Il vaut mieux en sourire. Rester tranquille et attaquer quand les voisins tentent la prudence. De toutes les fa\u00e7ons cela glisse alors autant passer vite et dynamique. Le seul probl\u00e8me est que cela bouchonne !!<br \/>\nFigures seul ou \u00e0 deux, j&#8217;arr\u00eate de compter les glissades en esp\u00e9rant continuer \u00e0 \u00e9viter les chutes. J&#8217;attaque !<br \/>\nPassage au premier ravitaillement \u00e0 Saint-Christo (km 16). Il y a du monde \u2013 beaucoup de monde pour nous encourager. Je cherche le remplissage d&#8217;eau. J&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 de ne pas m&#8217;arr\u00eater \u00e0 la nourriture (j&#8217;ai mes gels) et de prendre 1 litre \u00e0 chaque arr\u00eat (j&#8217;ai mes r\u00e9serves de m\u00e9lange perso \u2013 40g de Maltodextrine + 30 g de fructose + 2 pinc\u00e9es de sel). Arr\u00eat aux stands OK.<br \/>\nCela repart bien et nous commen\u00e7ons par pi\u00e9tiner la cl\u00f4ture d&#8217;un champ, la majorit\u00e9 refusant de passer sur le chemin verglac\u00e9. Les champs enneig\u00e9s se passent bien \u00e0 condition d&#8217;\u00e9viter les cl\u00f4tures&#8230; Je continue sur ma lanc\u00e9e, profite, regarde le long serpentin des dos de frontales et hop, au km 18, ma premi\u00e8re chute avec atterrissage sur le bas du dos. La douleur est vive. Quelques minutes d&#8217;inqui\u00e9tude mais \u00e0 priori rien de cass\u00e9. Il va me falloir 2 heures pour commencer \u00e0 oublier cette douleur mais je suis tomb\u00e9 avec le sourire (il fallait bien que cela m&#8217;arrive).<br \/>\nRapidement les chutes 2 et 3 me rappellent encore \u00e0 l&#8217;ordre. Rien de grave.<br \/>\nSainte-Catherine (km 30) passe bien. Ravitaillement efficace. J&#8217;ai pris du retard sur mon objectif (9h) mais vu les conditions et les bouchons, pas d&#8217;affolement, le peloton va bien finir par s&#8217;\u00e9tirer (ou pas).<br \/>\nIl n&#8217;emp\u00eache que zigzaguer et \u00eatre obliger de s\u2019arr\u00eater en mont\u00e9e (voire en descente) est tr\u00e8s tr\u00e8s frustrant et d\u00e9sagr\u00e9able. Tout semble se faire sur un faux rythme.<br \/>\nQuelques grosses crampes \u2013 dues aux nombreuses glissades \u2013 apparaissent sur le c\u00f4t\u00e9 int\u00e9rieur des ischio-jambiers. Tr\u00e8s douloureux mais g\u00e9rable.<br \/>\nJe me demande si nous aurions os\u00e9 passer l\u00e0 de jour&#8230;<br \/>\nLa boue commence \u00e9galement \u00e0 appara\u00eetre. J&#8217;adore ! Les SpeedCrosss sont dans leur \u00e9l\u00e9ment et moi aussi. Il suffit de couper, d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer, cela tient. Un vrai bonheur&#8230; Jusqu&#8217;au km 37.<br \/>\nMon pied gauche accroche bien mais le droit part sans appui. Je suis en appui sur&#8230; rien. Le genou pli, j&#8217;ai la sensation que le talon gauche va heurter la cuisse, que les quadriceps gauches se d\u00e9chirent et que le tout part en torsion. La douleur est intense et je me retrouve au sol, inquiet. Je me rel\u00e8ve vite mais impossible de m&#8217;appuyer et encore moins de relancer avec le c\u00f4t\u00e9 gauche. Ni marche, ni course. La peur m\u2019envahit, pas le doute, juste une peur : cela sent l&#8217;abandon forc\u00e9. Non, impossible ! Non, mille fois non. Je ne suis pas l\u00e0 pour abandonner. La douleur me ram\u00e8ne \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. OK, pas d\u2019affolement, pour l&#8217;instant, la premi\u00e8re des priorit\u00e9s est de marcher, de faire un point des d\u00e9g\u00e2ts, de voir comment continuer et surtout de ne pas tomber de nouveau. La chute n\u00b0 4 aura \u00e9t\u00e9 la mauvaise. Je g\u00e8re la douleur, hors de question de l&#8217;oublier mais si rien n&#8217;est s\u00e9rieusement cass\u00e9 ou d\u00e9chir\u00e9 hors de question d&#8217;arr\u00eater. Miracle, je marche, je trottine puis je cours. Je suis \u00e0 la mi-course, il va falloir g\u00e9rer, se concentrer sur l&#8217;essentiel : finir au mieux. Premi\u00e8res vraies reprises d&#8217;appui et hop je m&#8217;envoie en l&#8217;air avec une retomb\u00e9e tr\u00e8s s\u00e8che sur le genou \u2013 Aie ! Je repars et encore une chute \u2013 toujours avec cette douleur pointue dans la cuisse gauche. Je m&#8217;aper\u00e7ois que la premi\u00e8re cons\u00e9quence de ce qui semble \u00eatre une belle \u00e9longation est que je n&#8217;ai plus de r\u00e9ponse dynamique lors des glissages. R\u00e9sultat : je glisse donc je tombe. Je deviens tr\u00e8s tr\u00e8s prudent (parano) pendant plusieurs km. Je sais que passer Saint-Genoux (km 40), tout devrait \u00eatre plus facile. En attendant prudence.<br \/>\nArriv\u00e9e au ravitaillement de Saint-Genoux. Il y a toujours du monde pour nous encourager. Eau puis d\u00e9shabillage. J&#8217;ai pris du d\u00e9contractyl en pommade. Peu importe son efficacit\u00e9, cela va \u00eatre bon pour la confiance de masser cette cuisse si douloureuse. Reste env. 35 km. J&#8217;ai, au d\u00e9part de Saint-Genoux, 40&#8242; de retard sur l&#8217;horaire. Avec les chutes et la douleur, j&#8217;ai perdu 30&#8242; sur les derniers 10 km.<br \/>\nJe sais que je vais devoir abandonner mon plan de faire les 35 derniers km en mode avion de chasse \u00e0 fond la caisse mais je d\u00e9cide de continuer \u00e0 me battre et \u00e0 ne pas renoncer aux 9h. M\u00eame si cela \u00e9choue, je serai \u00e0 minima Saint\u00e9 de bronze (moins de 10h). Aller !<br \/>\nVoyons donc ce que je sais faire sur une jambe et demie en serrant les dents. D\u2019abord rester zen, ne pas se crisper et profiter. Le prochain arr\u00eat pipi me donnera raison le ciel \u00e9toil\u00e9 est magnifique.<br \/>\nCela tiens ! Aucun probl\u00e8me en mont\u00e9e (mise \u00e0 part les bouchons encore et encore, je d\u00e9teste m&#8217;arr\u00eater pour cela) mais en descente, c&#8217;est l&#8217;enfer, mon quadriceps gauche ne peut pas faire son boulot et la douleur redevient vive. Tant pis, il faut avancer, ce n&#8217;est pas \u00e0 20-25 km de l&#8217;arriv\u00e9e que je vais l\u00e2cher. Soucieux (km 54) n&#8217;est plus tr\u00e8s loin. Quelques \u00e9changes avec mes compagnons de fortune, certains et notamment une coureuse, se posent la question de la proximit\u00e9 du ravitaillement. Lorsque je lui annonce que selon moi nous devrions \u00eatre \u00e0 environ 3 km, elle allume les r\u00e9tro-fus\u00e9es alors que nous avan\u00e7ons tout de m\u00eame \u00e0 un rythme entre 5&#8217;35\/5&#8217;45 au km. Impressionnante !! Note : l&#8217;ayant ensuite \u00ab d\u00e9pos\u00e9e \u00bb apr\u00e8s le ravitaillement, je pense qu&#8217;une envie pressante a servi de carburant&#8230;<br \/>\nCela fait quelques dizaines de minutes que j&#8217;ai l&#8217;impression que ma lampe faiblit. Et finalement, voil\u00e0, elle clignote. Plus de 6h30 d&#8217;autonomie en mode r\u00e9actif, pas mal. Changement d&#8217;accu en pleine descente foresti\u00e8re. Le changement s&#8217;effectue dans le noir presque total. Quelques secondes d&#8217;inqui\u00e9tude mais m\u00eame avec les gants je connais assez le mat\u00e9riel pour op\u00e9rer au toucher. Et la lumi\u00e8re fut. Tout va bien, je repars.<br \/>\nArriv\u00e9e puis d\u00e9part de Soucieux, 45&#8242; de retard sur l&#8217;horaire. 7:07 \u00e0 l&#8217;horloge en repartant. L\u00e0, rien ne va plus, il va falloir reprendre les choses en main. Depuis quelques km, plus du tout de glissages, plus de sols en apparence parfait mais en fait de v\u00e9ritables patinoires d\u00fb \u00e0 une fine couche de glace \/ givre sur un terrain durci par le gel. Je dois pouvoir reprendre un rythme plus normal. Au diable ma cuisse, elle suivra.<br \/>\nJ&#8217;ai fait le plein d&#8217;eau, \u00e0 part la cuisse, je me sens en pleine forme pas du tout entam\u00e9 par les premiers 54km. Il est temps de r\u00e9agir. Je repars sans aucun doute avec pour seul objectif mes 9:00. M\u00eame si je crains le final avec la c\u00f4te \u00e0 19 %, les 240 marches et le bitume, tout est possible. Ma \u00ab fra\u00eecheur \u00bb me permet de bien g\u00e9rer les moments faibles et les moments forts, de pousser tant que cela est supportable et de prendre les descentes comme cela peut avec le frein \u00e0 main (cela va me co\u00fbter 2 ongles de pied).<br \/>\nProfiter du lever de soleil, le paysage appara\u00eet. Enfin ! Au d\u00e9tours d&#8217;un chemin, une prairie et un hameau tout blanc apparaissent encore envelopp\u00e9s de brume. Magnifique.<br \/>\nEt cela fonctionne, je passe Bonnand (le dernier ravitaillement au km 68 avec 30&#8242; de retard en regard de mon objectif. 15&#8242; de rattrap\u00e9es sur les derniers 14km parcourus en 1:22. Mama Boum !!!<br \/>\nJe me dis que 9:10\/9:15 deviennent possibles. Je continue, remont\u00e9 \u00e0 bloc. Mais rapidement le principe de r\u00e9alit\u00e9 me rattrape. Tout se fait en majorit\u00e9 en descente et la douleur devient tr\u00e8s pointue, je fini une des descentes \u00e0 5km\/h tentant de tenir encore sur la jambe.<br \/>\nJe n&#8217;ai plus d&#8217;yeux que pour mon chrono, j&#8217;oublie la mont\u00e9e \u00e0 19 %, les escaliers, les passages glauques dans les chantiers. Je dois faire 9:30. Hors de question de passer de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de la demi-heure. Avancer encore, acc\u00e9l\u00e9rer (!?), ne rien l\u00e2cher. En plus, je ne connais pas Lyon, je ne sais pas o\u00f9 je suis, ni \u00e0 quoi ressemble Gerland. Les panneaux X km ne sont pas suffisants. Ne rien l\u00e2cher. L&#8217;arriv\u00e9e est l\u00e0, encore quelques m\u00e8tres ne rien l\u00e2cher.<br \/>\n9:30&#8217;36&#8221;. Oui ! Satisfaction sans vraie joie.<br \/>\nUne question me vient \u00e0 l&#8217;esprit. J&#8217;esp\u00e8re que Florent a pris son temps et n&#8217;a pas encore fini son petit d\u00e9jeuner, j&#8217;avais fanfaronn\u00e9 par courriel que j&#8217;arriverai avant qu&#8217;il l&#8217;ait fini. J&#8217;apprendrai apr\u00e8s, qu&#8217;il n&#8217;a pas eu le temps d&#8217;arriver \u00e0 Gerland pour m&#8217;encourager !<br \/>\nVoil\u00e0 une course finie mais sans l&#8217;\u00e9clat d&#8217;un Millau, par exemple. Trop de monde, trop barnum. L&#8217;impression d&#8217;une course techniquement facile, sans r\u00e9elle difficult\u00e9, qu&#8217;il est effectivement possible de faire vite et je regrette ma prudence au d\u00e9part. Mise \u00e0 part les bobos des chutes, j&#8217;arrive bien frais.<br \/>\nMais ce n&#8217;est pas fini. Le stand des T-shirt de finishers est invisible et tr\u00e8s tr\u00e8s mal indiqu\u00e9 mais je fini par le trouver. J&#8217;obtiens mon T-shirt sans mot d&#8217;encouragement. Je continue d&#8217;avoir cette impression d&#8217;\u00eatre dans un troupeau, du simple b\u00e9tail pour le spectacle. OK, maintenant le sac, se changer, \u00eatre sec (les passages boueux inond\u00e9s ont laiss\u00e9 des traces&#8230;). Un seul panneau pour les sacs. Je ne trouve pas et fini par demander \u00e0 un coureur qui a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 le sien, il me donne le plan du labyrinthe. J&#8217;arrive sous une tente (en refaisant le tour de Gerland) o\u00f9 les sacs sont en acc\u00e8s libres (g\u00e9nial) dans un petit fond d&#8217;eau (encore plus g\u00e9nial). Cela ne me rend pas le sourire. Les douches, o\u00f9 sont les douches ? Je ne les trouve pas, et je ne vais pas \u00eatre le seul (en fait il fallait faire 300m \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur!). Plan B, les toilettes avec mon kit de toilette de survie. Nickel ! Je suis enfin \u00ab propre \u00bb et chang\u00e9. Vite partir de ce lieu sans \u00e2me et bruyant, trouver un train plus t\u00f4t et retrouver Kauq. Je peux retrouver le sourire.<br \/>\nLe bilan :<br \/>\nAvant tout les encouragements sur le parcours, tout au long de la nuit (avec des cloches, des tambours, des feux, etc.) et pas uniquement aux ravitaillements, dans les villages, aux croisements. Partout. Des applaudissements, encouragements, des tapes dans les mains. Formidable !!<br \/>\n9:30&#8217;36&#8221;, 1008e (76\/77km avec 1900m D+ et 2300 D-) avec une FC moyenne \u00e0 148 (max 173). Une vitesse moyenne de 8,3 km\/h et 5847 kcal de d\u00e9pens\u00e9s. Bilan correct mais il y a vraiment de la marge.<br \/>\nUne \u00e9longation aux quadriceps gauches, 3 trous au genou du m\u00eame c\u00f4t\u00e9, un dos avec un petit \u0153uf en guise d\u2019h\u00e9matome, un tibia bien marqu\u00e9 par les coups et une cheville gauche un peu enfl\u00e9e.<br \/>\nPar contre, 48h pour r\u00e9cup\u00e9rer (plus de courbature le mercredi matin). Reste la petite bronchite \u00e0 soigner.<br \/>\nLa satisfaction de l&#8217;avoir fait (\u00e7a c&#8217;est fait).<br \/>\nL&#8217;impression d&#8217;un grand barnum avec une organisation plus qu&#8217;approximative (et je suis gentil) et le sentiment que les coureurs ne sont qu\u2019anecdotes mais certainement pas au centre de l&#8217;\u00e9v\u00e8nement. Je ne reviendrai sans doute pas.<br \/>\nUn parcours beaucoup plus facile qu&#8217;estim\u00e9 voire m\u00eame trop roulant.<br \/>\nUn peu plus de 5000 arrivants sur 6800 annonc\u00e9s au d\u00e9part.<br \/>\nDes chaussures de r\u00eave (les speedcross3 de Salomon)<br \/>\nEt le sentiment d&#8217;avoir encore beaucoup appris. Il m\u2019appara\u00eet clairement que sur des distances inf\u00e9rieures ou \u00e9gales \u00e0 100 km, l&#8217;enjeu n&#8217;est plus si je vais finir, mais comment. Je devrai pouvoir mettre un peu de vitesse dans les prochaines. Ces distances (de l&#8217;ultra court) me semblent famili\u00e8res et normales. Il va falloir passer au cran du dessus et \u00e7a, c&#8217;est une vraie bonne nouvelle.<br \/>\nMerci pour tous vos encouragements, ils me servent de munition pendant la gestion des moments difficiles.<br \/>\nMat\u00e9riel :<br \/>\n&#8211; SpeedCross3 de Salomon pour les pieds ;<br \/>\n&#8211; Nao de Petz, j&#8217;adore la lumi\u00e8re r\u00e9active ;<br \/>\n&#8211; Odlo en couche technique, le bonnet et les gants ;<br \/>\n&#8211; Salomon pour le short, la couche interm\u00e9diaire, les mitaines et le sac ;<br \/>\n&#8211; The NorthFace pour la couche chaude et le coupe-vent ;<br \/>\n&#8211; L&#8217;Ambit de Suunto pour les donn\u00e9es ;<br \/>\n&#8211; Gu pour les gels<br \/>\n&#8211; Samsung pour la musique.<br \/>\n&#8211; La play list (env. 4h30): The orb (remix\u00e9 par Bill Laswell), Genesis, Charlie Winston, Wax Taylor, Johanna Syze.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Saint\u00e9Lyon 2013, c&#8217;est fait. En voici mon histoire&#8230; C&#8217;est amusant, les sportifs doivent \u00eatre plus brillants dans la capitale des Gaules. Cette fin de semaine, c&#8217;est la f\u00eate des lumi\u00e8res \u00e0 Lyon et la fameuse \u00ab Saint\u00e9Lyon \u00bb. 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