{"id":266,"date":"2013-09-28T10:00:26","date_gmt":"2013-09-28T09:00:26","guid":{"rendered":"http:\/\/sarto5\/foulee\/?p=7"},"modified":"2014-10-05T17:31:59","modified_gmt":"2014-10-05T16:31:59","slug":"les-100-km-de-millau","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/?p=266","title":{"rendered":"les 100 km de Millau"},"content":{"rendered":"<h3>Mon premier Millau.<a href=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/millau01a3.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-800\" alt=\"millau01a3\" src=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/millau01a3.png\" width=\"110\" height=\"592\" \/><\/a><\/h3>\n<p>L\u2019histoire commence dans le doute. Apr\u00e8s un d\u00e9but d\u2019\u00e9t\u00e9 en pleine forme, je profite du mois de juillet pour ajouter de la densit\u00e9 et du volume. 450 km uniquement pour la course. Mais voil\u00e0 ceci combin\u00e9 \u00e0 de fortes chaleurs, une r\u00e9cup\u00e9ration insuffisante et une hydratation moyenne, le couperet tombe : un tendon en vrac et les ischio-jambiers gauches explos\u00e9s de contractures. R\u00e9sultat, 4 semaines sans entra\u00eenement et le moral en berne avec une premi\u00e8re d\u00e9cision d\u00e9but septembre : pas de Millau cette ann\u00e9e.<\/p>\n<h3>Acte II<\/h3>\n<p>Les entra\u00eenements en c\u00f4te dans les monts d\u2019Ard\u00e8che, sonnent le retour des sensations. Plus de place au doute. Adieu l\u2019objectif des 10 heures mais y aller et finir avec le sourire. La voie de la foul\u00e9e. Me voici donc ce samedi 28 septembre \u00e0 9h30 au parc de la Victoire \u00e0 Millau parmi les 1574 partants des 100 km et les 300 du marathon. Kauq est dans la foule des supporters, plus inqui\u00e8te que moi. Je suis dans ma bulle. L\u2019objectif est de faire le marathon tranquille et de profiter de la seconde boucle. Je n\u2019ai \u00e9t\u00e9 reconna\u00eetre ni la mont\u00e9e du viaduc, ni celle de Tiergues, il sera toujours temps de s\u2019inqui\u00e9ter. Mais revenons au \u00ab faux \u00bb d\u00e9part celui du parc de la Victoire, celui o\u00f9 nous d\u00e9filons tous, tels des gladiateurs, sans les suiveurs. Pendant 30\u2019 jusqu\u2019au d\u00e9part effectif, la ville est dehors, sur les trottoirs, aux fen\u00eatres et nous encourage. C\u2019est bien la course de la r\u00e9gion, celle o\u00f9 chacun respecte et encourage les coureurs, les marcheurs ou les suiveurs. M\u00eame coinc\u00e9 dans ma bulle, je profite de ce moment si particulier.<\/p>\n<h3>10:00, le d\u00e9part, enfin<\/h3>\n<p>Il faut se frayer un chemin, \u00e9viter les foul\u00e9es de l\u2019autre. Sans doute 1500 m\u00e8tres sans rythme et pas tr\u00e8s rapides. Malgr\u00e9 ce rythme de s\u00e9nateur, ma FC est au plafond 160 alors que je devrais \u00eatre au pire \u00e0 140. impossible de descendre. La bonne nouvelle est que, quel que soit mon rythme ma FC semble cal\u00e9e entre 158 et 160! Les premiers km sont une jolie promenade, le profil du parcours donne l\u2019indication d\u2019un profil plut\u00f4t montant, rien n\u2019y para\u00eet.<\/p>\n<p>km7, l\u2019embouteillage, la sensation de se retrouver en plein milieu d\u2019un d\u00e9part en vacances, les suiveurs en v\u00e9lo int\u00e8grent la course. Appels, grands moulinets avec les bras ou mines inqui\u00e8tes de ne pas trouver son coureur. Une vraie kermesse. Note aux organisateurs, ne changez rien, quel bonheur de voir ce convoi bigarr\u00e9 se mettre en place. OK, il faut un peu zigzaguer, se faire une place mais c\u2019est ludique, distrayant. Petit d\u00e9tail, je ne suis pas concern\u00e9, ma suiveuse n\u2019\u00e9tant pas pr\u00eate \u00e0 croquer les 100 km, je suis donc autonome (ou presque).<\/p>\n<p>J\u2019en profite pour vous faire le tour de mon arsenal :<\/p>\n<ul>\n<li>10 gels GU (chocolat, caf\u00e9, vanille, framboise);<\/li>\n<li>10 recharges de poudre afin de me fabriquer 10x 500 ml de boisson isotonique<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour le reste le sac est charg\u00e9 avec 2 baladeurs (mais la m\u00eame playlist), un prot\u00e8ge pluie, une frontale, une paire de chaussette, un t\u00e9l\u00e9phone et 1 litre de boisson isotonique.<br \/>\nLe plan est de faire le plein par 500 ml d\u2019eau tous les 2 ravitaillements (soit en moyenne, tous les 10 km) et de voir ce que je vais pouvoir trouver \u00e0 grignoter.<\/p>\n<p>L\u2019objectif est 3 gorg\u00e9es toutes les 5\u2019 pour arriver \u00e0 500 ml \u00e0 l\u2019heure.<\/p>\n<h3>Fin de l\u2019interm\u00e8de<\/h3>\n<p>Pendant ce temps tout s\u2019installe et les couples prennent leurs rep\u00e8res. Je vais bien, ma FC est stable (toujours vers 154) et je me retiens de ne pas relancer, mes tendons, cuisses et autres genoux vont bien. je dois rester patient, j\u2019ai pr\u00e9vu le passage au marathon autour de 4h15. Donc en comptant les ravitaillements, je me base sur 5\u201950 au km, calmement. Les successions de faux plats montants et descendants sont agr\u00e9ables. Il me suffit de patienter jusqu\u2019au passage \u00e0 La Cresse au km 30 qui marquera la douce descente vers Millau.<\/p>\n<p>Premier ravitaillement, je rempli ma poche d\u2019environs 500 ml (\u00ab elle fait bien un litre ta bouteille, OK stop! Non encore un peu \u00bb) et je d\u00e9truis ma premi\u00e8re boule de cellophane afin de pr\u00e9parer ma bouillie. (\u00ab aller, mets-moi encore un peu d\u2019eau! Ah tiens tu t\u2019es pr\u00e9par\u00e9 ta mixture \u00bb, etc.)<br \/>\nTout continue, je joue au Yo-yo avec plusieurs compagnons de promenade, je monte un peu plus vite qu\u2019eux et ils me montrent leurs semelles sur la descente suivante. Distrayant.<\/p>\n<p><span class=\"size-large\">Et je bois, je bois\u2026<\/span><\/p>\n<p>Le peloton passe en mode hilare lorsqu\u2019au passage devant un radar p\u00e9dagogique, il se met en marche et alterne en 10 et 11 km\/h. Ouf, il reste vert. On continue\u2026<\/p>\n<p>km 20 et des poussi\u00e8res, second arr\u00eat ravitaillement, un coup de vent balaie une partie de ma boule de poudre. Je me couvre de perles roses. Sourires. J\u2019arrive \u00e0 en sauver la majeure partie. Il va falloir am\u00e9liorer la rupture de cellophane\u2026<\/p>\n<p>km 25, quelque 100 bornards marchent. Leur journ\u00e9e va \u00eatre longue\u2026<\/p>\n<p>Je bois toujours autant m\u00eame si j\u2019ai l\u2019impression que mon estomac sature.<\/p>\n<h3>Le coup de mou<\/h3>\n<p>Arrive La Cresse et sa jolie petite cote, a priori rien de plus que celle de Peyreleau ou des Prades. a priori, mais pour moi c\u2019est le d\u00e9but d\u2019un gros passage \u00e0 vide. Ma FC reste correcte mais j\u2019ai la sensation de ne plus avancer. Tout est l\u00e0 mais non! Pas de panique, surtout pas de panique, les coups de pas bien &#8211; surtout l\u00e0 o\u00f9 ils ne sont pas attendus &#8211; font partis du jeu. Je me concentre et cherche \u00e0 me caler sur un rythme un peu moins rapide mais o\u00f9 j\u2019essaye de retrouver des sensations. Mais rien n\u2019y fait. Les cuisses commencent \u00e0 tirer et ce qui aurait d\u00fb \u00eatre une descente au calme en pente douce vers Millau afin de pr\u00e9parer la mont\u00e9e au viaduc devient un chemin de croix. Le doute s\u2019installe avec les premiers reproches :<\/p>\n<ul>\n<li>quelle id\u00e9e, se faire un Millau sans \u00eatre compl\u00e8tement pr\u00eat?<\/li>\n<li>bien vu la boisson isotonique!<\/li>\n<li>OK un marathon \u00e7a suffit, \u00e7a au moins, c\u2019est facile\u2026<\/li>\n<\/ul>\n<p>Et puis viennent les pens\u00e9es positives, tous ceux qui m\u2019encouragent ou supportent ma vie d\u2019ultra, Kauq qui sera au passage au marathon et qui me supporte (\u00e0 tous les sens du terme) tous les jours. Mille mercis pour votre pr\u00e9sence.<\/p>\n<p>Le purgatoire continue et je rempli ma besace \u00e0 Millau-Plage. Pas d\u2019arr\u00eat au stand \u00e0 Millau mais j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019\u00e0 ce rythme Millau ne fera pas 100 km pour moi cette ann\u00e9e\u2026<\/p>\n<h3>Fin de la premi\u00e8re boucle<\/h3>\n<p>Passage par l\u2019arriv\u00e9e du marathon en 4h27\u201901 (552e).<\/p>\n<p>Un bon quart d\u2019heure de retard, de mauvaises sensations, pas de Kauq \u00e0 l\u2019horizon. OK, elle doit \u00eatre coinc\u00e9e chez le coiffeur; en fait c\u2019est moi qui ne l\u2019ai pas vu, coinc\u00e9 sur mon chemin de croix.<\/p>\n<p>Marcher, continuer, marcher? Continuer! La sortie de Millau descend et les encouragements motivent. Dans le pire des cas, je continue \u00e0 pied au km 50, un Millau en 15 heures pourquoi pas\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est parti pour la seconde boucle, je rationalise, il ne s\u2019agit que de 2 fois 29 km 2 petites promenades. Les cuisses se tendent mais pas de crampes, des plaintes sourdes et insistantes. On continue\u2026<\/p>\n<p>Je mod\u00e8re ma prise de boisson isotonique, trop est l\u2019ennemi du bien.<\/p>\n<p>\u00e7a tient, pas mieux mais pas pire. Arrive Raujolles, le d\u00e9but de 2 km \u00e0 8 % (dixit les panneaux de la DDE) qui nous am\u00e8nent au pied des pyl\u00f4nes du viaduc (impressionnant). L\u00e0 mes jambes disent STOP! marche dynamique (env. 9\u201930 au km) mais pas de course. Il restera encore 50 km de course et la majorit\u00e9 du D+. Il faut savoir raison gard\u00e9e. Ma strat\u00e9gie de course reste mon meilleur alli\u00e9 (juste apr\u00e8s mon indestructible envie d\u2019aller au bout). Malgr\u00e9 tout je relance un peu dans la mont\u00e9e histoire de me d\u00e9gourdir les cuisses.<\/p>\n<h3>km 50. Courage!<\/h3>\n<p>Pour la petite histoire, m\u00eame certains suiveurs en v\u00e9lo semblent montrer certains signes de difficult\u00e9. Sauf, sans doute, celui qui m\u2019a pass\u00e9 en courant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son v\u00e9lo et de son coureur! Impressionnant.<\/p>\n<p>Descente vers Saint-Georges. Pas pire mais l\u2019inqui\u00e9tude est de mise. Je d\u00e9cide de profiter de tous les ravitaillements. Peu importe la perte de temps, il me faut alimenter mes muscles. Rien ne sert d\u2019essayer de faire avancer la machine si elle est \u00e0 sec. Mais je garde le remplissage de la besace de 500 ml tous les 10 km \u00e0 chaque ravitaillement cela sera 1 verre de cola et 1 verre d\u2019eau gazeuse. Plus rien \u00e0 manger de solide (rien ne passe), les gels devront \u00eatre suffisants.<\/p>\n<p>Une douleur pointue au niveau du gros orteil du pied gauche attire mon attention. Ah ces plis de chaussettes! J\u2019arrive \u2013avec douleur \u2013 \u00e0 \u00f4ter ma chaussure mais l\u2019exp\u00e9rience m\u2019a appris que dans ce contexte essayer de changer de chaussette va \u00eatre source de douleurs infructueuses, de perte de temps record. je remets tout en ordre et refais mes lacets, cela devrait suffire. En fait je fais faire les 45 km restants avec une tr\u00e8s belle ampoule. Heureusement, elle n\u2019a pas \u00e9clat\u00e9.<\/p>\n<p>Aller hop, mont\u00e9e en douceur vers Saint-Rome avant d\u2019attaquer la mont\u00e9e Tiergues. 1 ravitaillement apr\u00e8s l\u2019autre. Il faut \u00e0 tout prix que j\u2019oublie les 45 km qui restent et que je me focalise sur le ravitaillement suivant. Simple.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e \u00e0 Saint-Rome, mont\u00e9e vers Tiergues en marchant en majorit\u00e9. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019arrive ma r\u00e9elle conscience du Yo-yo avec les coureurs ayant un suiveur. Ils ne s\u2019arr\u00eatent pas aux ravitaillements et ils me prennent entre 3 et 7\u2019 (entre 500 et plus de 1000 m) \u00e0 chaque arr\u00eat. Cela me para\u00eet presque une injustice mais cela fait partie du jeu. Voil\u00e0 une motivation suppl\u00e9mentaire. Ne rien l\u00e2cher malgr\u00e9 ce handicap.<\/p>\n<p>La mont\u00e9e vers Tiergues. Ooops, j\u2019avance mais beaucoup vont beaucoup plus vite que moi (quasiment tout le monde marche et les v\u00e9los font ce qu\u2019ils peuvent). Je suis surtout impressionn\u00e9 par le dossard 1056 qui nous propose une marche dynamique d\u2019une efficacit\u00e9 incroyable (Madame, mes respects).<\/p>\n<p>Cette mont\u00e9e est l\u2019occasion de croiser le premier de la course. je l\u2019encourage fortement et nous \u00e9changeons un salut. M\u00eame cas de figure avec la premi\u00e8re f\u00e9minine lors de la descente vers Saint-Afrique. Comment peut-on avoir un sourire aussi rayonnant en pleine mont\u00e9e retour de Saint-Afrique &#8211; de nouveau gros respect! C\u2019est l\u00e0 une des beaut\u00e9s des trails et des ultras. \u00e9lite ou poireaux, nous sommes ensembles afin de profiter et partager. Des perfs diff\u00e9rentes mais une m\u00eame course et un m\u00eame \u00e9tat d\u2019esprit.<\/p>\n<p>Bref, revenons \u00e0 ma promenade. c\u2019est l\u00e0 que je reconnais des coureurs qui reviennent en marchant. Je les ai remarqu\u00e9s lors de la premi\u00e8re boucle o\u00f9 le Yo-yo avec certains coureurs \u00e9quip\u00e9s de suiveurs (la vaste majorit\u00e9 en fait) a commenc\u00e9 \u00e0 se mettre en place.<br \/>\nL\u00e0, je me dis qu\u2019il va falloir commencer \u00e0 faire quelque chose. Je relance. Arriv\u00e9 en haut de la mont\u00e9e en attaquant la descente vers Saint-Afrique, les douleurs aux cuisses et aux jambes (tiens j\u2019ai d\u00e9couvert des muscles au niveau des chevilles\u2026) se font plus intenses et pourtant\u2026 Les sensations reviennent. OK apr\u00e8s le ravitaillement de Tiergues, il faut r\u00e9chauffer les muscles, attendrir les barres-\u00e0-mines, relancer la machine mais les sensations sont l\u00e0 et la FC baisse tranquillement.<\/p>\n<h3>La machine \u00e0 courir est de retour<\/h3>\n<p>Il \u00e9tait temps. Je d\u00e9cide de laisser aller la machine, la seule limite sera le risque de t\u00e9tanie, il va falloir surveiller, \u00e9quilibrer mais si les sensations sont l\u00e0, les douleurs ne sont que litt\u00e9rature. Je laisse partir l\u2019avion de chasse et j\u2019aspire pas mal de monde. Un coup d\u2019\u0153il au 1056 en passant qui continue \u00e0 son rythme et j\u2019ai le droit \u00e0 un tr\u00e8s joli sourire de sa suiveuse. \u00e9lection du bin\u00f4me le plus remarquable, juste devant le couple qui a mont\u00e9 la cote du viaduc main dans la main. trop beau\u2026<\/p>\n<p>Passage devant un coureur \u00e0 terre avec son suiveur tentant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de lui pousser sur les jambes pour traiter les crampes. Petit mot d\u2019encouragement au passage pour ce qui m\u2019appara\u00eet n\u2019\u00eatre qu\u2019un masque de douleur\u2026<\/p>\n<p>J\u2019avance vite, 5\u201930 au km avec une FC autour de 145, un r\u00eave. La descente vers Saint-Afrique est longue, tr\u00e8s longue et il faut faire un grand tour avant d\u2019arriver au ravitaillement. Je passe au km 71 en 7h46. Adieu d\u00e9finitif aux dix heures (il faut bien plaisanter un peu\u2026). J\u2019apprendrai \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e que je suis pass\u00e9 de la 552e place au km 42 \u00e0 la 486e place \u00e0 Saint-Afrique. Pas trop mal\u2026<\/p>\n<p>Petite discussion avec les b\u00e9n\u00e9voles du ravitaillement pour voir si je ne peux pas m\u2019installer 5\u2019 dans leur chambre froide afin de calmer mes muscles perclus de douleurs. Sans succ\u00e8s. Je repars en courant vers la mont\u00e9e retour vers Tiergues (la plus longue). Je d\u00e9cide de faire la mont\u00e9e en fractionn\u00e9 et de bien profiter du ravitaillement suivant. L\u00e0 s\u2019engage un v\u00e9ritable ballet (merci \u00e0 tous les participants). le principe est simple : 2 ou 3 montent en courant puis se mettent \u00e0 marcher &#8211; dans mon cas d\u00e8s que les crampes arrivent le tout ponctu\u00e9 par un \u00ab et hop\u2026 \u00bb &#8211; lorsque les 2 ou 3 (voire 4) devant se font doubler, ils reprennent la course assez rapidement afin de recoller et ainsi de suite. Une v\u00e9ritable m\u00e9canique d\u2019entra\u00eenement qui donne d\u2019assez bons r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e \u00e0 Tiergues dans le haut de la grosse mont\u00e9e, \u00e7a va. La machine est en marche\u2026 Arr\u00eat au stand pour alimenter la machina. Et j\u2019aper\u00e7ois le dossard 1056 quelques centaines de m\u00e8tres devant avec sa suiveuse qui trace pour ramener le ravitaillement (et oui encore ce fameux avantage). Elle grimpe bien mais j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de me faire plaisir dans la descente vers Saint-Georges. On fait la descente \u00e0 plusieurs. 5\u201925 au km. Km 80 mon mollet droit me joue la grande sc\u00e8ne du \u00ab j\u2019arr\u00eate, marre de tes promenades \u00bb, je calme la descente pendant 300 m et r\u00e9\u00e9quilibre ma foul\u00e9e. Hors de question de ne pas accompagner mes compagnons de descente. Je repars de plus belle et les reprends un \u00e0 un sauf Vincent (il a floqu\u00e9 son pr\u00e9nom sur son T-shirt). Il va vite, impossible de le reprendre (mais ce n\u2019est que partie remise).<\/p>\n<p>Dans tous les cas, au ravitaillement de saint-Rome, je prends mon temps : je rempli ma poche de liquide, mange, enl\u00e8ve les lunettes, chausse la frontale et envoi un SMS \u00e0 Kauq pour qu\u2019elle sache quand m\u2019attendre. Dernier v\u00e9ritable arr\u00eat. ce n\u2019est pas du temps perdu mais un investissement. La poursuite commence maintenant.<\/p>\n<p>Aller je repars vers Saint-Georges, seul. Les autres avions ont leurs suiveurs et sont bien devant. Remise en route de la machine. De toute fa\u00e7on ils annoncent de la soupe chaude \u00e0 Saint-Georges. La descente continue. Vroom. Cal\u00e9 sur la bande blanche de droite de la route, pilote automatique. Le faisceau de ma frontale est ma trajectoire.<\/p>\n<p>Saint-Georges. Soupe chaude (grand merci \u00e0 tous les b\u00e9n\u00e9voles pour leurs encouragements, disponibilit\u00e9 et gentillesse), cola + eau gazeuse. et hop\u2026 Une f\u00e9minine repart avant moi remont\u00e9e \u00e0 bloc \u00ab Allez c\u2019est encore jouable \u00bb. Petite conversation avec un b\u00e9n\u00e9vole, nous sommes bien \u00e0 11 km de l\u2019arriv\u00e9e (c\u2019est-\u00e0-dire km des bornes kilom\u00e9triques + 2).<\/p>\n<h3>Mes rep\u00e8res sont bons.<\/h3>\n<p>Solitude de la travers\u00e9e de Saint-Georges puis mont\u00e9e vers le viaduc.<\/p>\n<p>La batterie de mon baladeur rend l\u2019\u00e2me. Pas de panique tout \u00eatre pr\u00e9vu, baladeur no 2, il d\u00e9marre tout seul et c\u2019est reparti. M\u00eame playlist.<br \/>\nLe viaduc est aussi magnifique de nuit que de jour surtout avec un reste de coucher de soleil en fond\u2026<\/p>\n<p>La mont\u00e9e para\u00eet moins brutale dans ce sens. je la fais en fractionn\u00e9. Tout va bien et je continue de ramasser des concurrents. C\u2019est bon pour le moral. km 90, j\u2019entends un cri de bonheur derri\u00e8re moi : \u00ab 90!!! reste 10 km \u00bb, auquel je r\u00e9ponds \u00ab non 9,900 \u00bb, il faut tout positiver.<br \/>\nArriv\u00e9e au viaduc. Il reste environ 8 km. Aucune question, pied sur l\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur, j\u2019envoie dans la descente \u00e0 8 % et passe en revue pas mal de monde. 5\u201925 au km apr\u00e8s plus de 92 km, sourire banane! Arriv\u00e9 dans le bas de la descente, je me fais passer par un autre avion. OK, passage en formation, nous serons 2. Reste 5 km \u00e0 partir de l\u00e0 chaque km est marqu\u00e9.<\/p>\n<p>Oublier tout. continuer sur le m\u00eame rythme. Faux plat puis Creissels. derni\u00e8re descente avant la mont\u00e9e de 2 km vers Millau. Et qui j\u2019aper\u00e7ois? Le dossard 1056 qui a d\u00fb passer lors de l\u2019arr\u00eat long \u00e0 Saint-Rome. Je continue. Regard rapide en passant. Nous sommes tous au m\u00eame stade de motivation. Me concernant, je ne l\u00e2cherai plus rien et il me reste \u00e0 aller chercher l\u2019autre avion et quelques-uns que j\u2019aimerai bien ramasser (Vincent par exemple).<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e \u00e0 Millau, le pont Rouge. Tenir. \u00e7a craque de partout ma derni\u00e8re tentative de me gratter la nuque s\u2019est sold\u00e9 par un d\u00e9but de crampe au bras (rire).<\/p>\n<p>Rester concentr\u00e9. Je ponctue la mont\u00e9e de \u00ab Vanos \u00bb (et pourquoi donc?!!) en acc\u00e9l\u00e9rant. Je continue le ramassage. Le passage \u00e0 niveau et tout de suite l\u2019entr\u00e9e du parc. J\u2019arrangue le public encore nombreux afin qu\u2019ils fassent vraiment du bruit et j\u2019acc\u00e9l\u00e8re. Mon mollet droit l\u00e2che et je me retrouve presque \u00e0 terre en prenant le virage de l\u2019entr\u00e9e du parc. C\u2019est bizarre cette sensation que plus rien si ce n\u2019est l\u2019envie te porte.<\/p>\n<p>Encouragements nourris et encore une fois je remets de l\u2019ordre dans ma foul\u00e9e (le travail de septembre sur la posture donne vraiment de super r\u00e9sultats). C\u2019est reparti, il reste quelques centaines de m\u00e8tres et encore quelques concurrents ramass\u00e9s. Sauf le dernier (a priori un repr\u00e9sentant de la d\u00e9l\u00e9gation marocaine), je ne peux pas lui faire cela, il a l\u2019air totalement \u00e0 la ramasse &#8211; j\u2019apprendrai ensuite qu\u2019il a explos\u00e9 sur le dernier tiers. Je l\u2019encourage et le pousse doucement pour qu\u2019il reste devant moi.<\/p>\n<p>Nous seront finalement cr\u00e9dit\u00e9 du m\u00eame temps : 11h50min38. D\u2019abord donn\u00e9 402e. J\u2019apparais maintenant 400e, 152 places gagn\u00e9es depuis le passage au marathon; je regrette presque qu\u2019il n\u2019y ait pas encore 20 km!!<\/p>\n<h3>Que du bonheur.!!!!<\/h3>\n<p>OK, j\u2019arrive perclus de douleurs et de courbatures aux cuisses (rien au ischio-jambiers, hourra!) et les mollets un peu douleurs mais finalement tr\u00e8s lucide et frais avec une FC moyenne de 147, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir entrouvert la porte des 100 miles. Reste \u00e0 r\u00e9gler, avec un sp\u00e9cialiste, mes probl\u00e8mes r\u00e9currents aux cuisses mais pour le reste une vraie impression de fra\u00eecheur. Millau je vais revenir vite, plus vite!<br \/>\nAvant de clore ce long CR (100 km tout de m\u00eame), quelques enseignements :<br \/>\nMa perf sans suiveur correspondrait \u00e0 un temps de 11h00 (plus de 58\u2019 consacr\u00e9 aux \u00ab arr\u00eats aux stands \u00bb). Si l\u2019on consid\u00e8re le sac (3\/4 kg sur le dos) et la motivation suppl\u00e9mentaire dans les derniers km, moins de 10 h devient tr\u00e8s r\u00e9aliste. &#8211; soit une moyenne de course un peu au-dessus de 9 km\/h. \u00c0 l\u2019ann\u00e9e prochaine pour v\u00e9rifier et s\u00e9parer le fantasme de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<h3>La m\u00e9t\u00e9o<\/h3>\n<p>Nuageux et env. 18 \u00b0C. 20 minutes de soleil et 3 petites averses. Parfait.<\/p>\n<p>Par contre une grosse pens\u00e9e pour ceux qui y ont pass\u00e9 la nuit, l\u2019orage ne leur a pas fait de cadeau. Bravo!!<\/p>\n<h3>Le public<\/h3>\n<p>Partout, dans tous les villages, aux arr\u00eats de bus sur les routes. Mille mercis pour ces encouragements et vos sourires.<\/p>\n<h3>Le mat\u00e9riel utilis\u00e9 :<\/h3>\n<ul>\n<li>Salomon pour les v\u00eatements (T-shirt manche courte, short \u00e0 compression, casquette) et le sac ;<\/li>\n<li>Asics, Kinsei 5 pour les chaussures ;<\/li>\n<li>Petzl Nao pour la frontale ;<\/li>\n<li>The NorthFace pour la protection pluie ;<\/li>\n<li>C\u00e9b\u00e9, s\u2019track pour les lunettes.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>La playlist (plus de 4 h)<\/h3>\n<ul>\n<li>G\u00e9nesis \/ genesis ;<\/li>\n<li>Charlie Winston \/ Hobo ;<\/li>\n<li>DJ Krush \/ Jaku ;<\/li>\n<li>Wax Tailor \/ In the mood for life ;<\/li>\n<li>Joanna Size \/ Rodina.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Le site de la course<\/h3>\n<ul>\n<li><a title=\"Le site des 100 km de Millau\" href=\"http:\/\/www.100kmdemillau.com\/\" target=\"_blank\">www.100kmdemillau.com\/<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/2014-petit.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-801\" alt=\"2014-petit\" src=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/2014-petit.png\" width=\"1080\" height=\"118\" srcset=\"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/2014-petit.png 1080w, http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/2014-petit-300x32.png 300w, http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/2014-petit-1024x111.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mon premier Millau. L\u2019histoire commence dans le doute. Apr\u00e8s un d\u00e9but d\u2019\u00e9t\u00e9 en pleine forme, je profite du mois de juillet pour ajouter de la densit\u00e9 et du volume. 450 km uniquement pour la course. Mais voil\u00e0 ceci combin\u00e9 \u00e0 de fortes chaleurs, une r\u00e9cup\u00e9ration insuffisante et une hydratation moyenne, le couperet tombe : un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-266","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/266","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=266"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/266\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":802,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/266\/revisions\/802"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=266"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=266"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/lavoiedelafoulee.neurotica.name\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=266"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}